Printemps
2007
Ce
printemps est sous le signe du départ...
Chaque
début d'écriture est un retour à la case départ. Et la case départ,
c'est un endroit où l'on se sent très seul. Un endroit
où aucun de vos accomplissements passés ne comptent. (Quentin Tarantino)
Comme
ça fait longtemps que je n'ai pas écrit ce journal,
il m'est devenu quelque peu étranger et c'est difficile
d'y retrouver le fil. En espérant ne pas vous avoir perdu
en cours de route... bien non, puisque tu es là à
me lire...
Mon
printemps est en quelque sorte écourté du fait que
je suis arrivée de voyage le 9 avril 2007, le jour de Pâques (comme quand on a pris notre retraite en 2003, déjà
4 ans, bizarre tout de même). J'ai été fort
occupée avec la roulotte, le lavage, le ménage,
la visite à mes ti-culs préférés,
le dehors et du boulot à l'ordi... (dans l'ordre ou le
désordre, selon les jours et mes humeurs).
Ce
qui retient mon attention et qui est digne de mention en ce printemps
est le départ de ma grande fille qui est
partie travailler à Whitehorse au Yukon. Et ironiquement,
c'est de notre faute... lors de notre voyage en Alaska à
l'été 2006, nous avons tant vanté cette ville,
avec son 30-35% d'une communauté francophone qu'elle a
décidé de faire le saut, elle qui voulait travailler
"dans l'grand nord". Whitehorse est tout de même
plus "civilisé" et moins loin (pas sûre) que le Nunavit !
Bien
sûr... elle nous avait quitté pour ses études
à Sherbrooke... mais Sherby est tout de même au Québec.
Le Yukon est peut-être canadien mais c'est loin en joualvert
du Québec - lolll. Il nous reste l'internet avec ses courriels,
les messageries instantanées (ou instant tané -
lolll - toujours selon l'humeur de l'une ou de l'autre) avec webcam
et le téléphone car pour l'avion... disons qu'à
plus de mille dollars le trajet, on ne le fait pas souvent dans
une année.
Le départ d'un membre de notre famille laisse
un grand vide mais il faut savoir s'endurcir, sans jamais se départir
de sa tendresse. Certains jours c'est plus difficile que d'autres.
J'avais une grande complicité avec ma grande surtout depuis
que nous vieillissons toutes les deux. Mais il faut laisser chacun
exister et l'accepter avec l'individualité, quelle qu'elle
soit, qui lui a été départie et ma grande
a ce besoin de bougeotte. Oh, il y a pire qu'elle c'est bien certain...
mais c'est la mienne ! Faut également savoir que dès
qu'on met un enfant au monde, on est voué dès le départ au renoncement, aux déceptions,
mais aussi aux joies et au bonheur... en somme, les parents doivent
grandir avec leurs enfants et surtout en même temps qu'eux.
Ce n'est pas toujours évident !
Ce
qui ajoute à mon chagrin c'est qu'elle est partie avant
que j'arrive de mon voyage avec la caravane du Mexique. C'est
donc dire que la dernière fois où je l'ai vue, c'était
juste avant de partir en voyage, à Noël 2006. Et comme
elle ignorait à ce moment-là qu'elle partirait...
je n'ai pu emmagasiner les souvenirs, en l'embrassant étroitement,
en lui donnant tout plein de câlins.. pour me tenir compagnie
jusqu'à son retour. Mais somme toute, même attristée
un peu, je sais que mon enfant me reviendra... ce n'est pas comme
certaines mères qui n'ont plus la (le) leur. Faut pas exagérer
tout de même !!!
L'important
après tout c'est qu'elle y trouve son compte et qu'elle
puisse trouver la réalisation de ses rêves. Si elle
est heureuse, comment ne le serais-je pas ? L'avenir nous le dira...
Un
autre départ... mais avant, commençons
par rapporter l'histoire, comme moi je la vois. En février
2006 je m'inscrivais à un forum et comme dans toutes choses,
quand je m'implique, je le fais à fond. De modératrice,
je me suis retrouvée à travailler pour le gestionnaire
du site de différentes façons. Me sentant en confiance,
je ne cesse de proposer tel truc, de lancer tel projet, de suggérer
telle démarche... de m'impliquer quoi ! Mais je me rends
compte que la faille entre le point de vue de l'administrateur
et moi s'élargie de plus en plus. Moi, j'ai l'impression
d'avoir de bonnes idées pour le bien des membres et impulsivement
je les lance mais le proprio le voyait autrement. Mes attentes
et mes désirs sont constamment refroidis par un petit courriel
de la direction. Dans mon esprit à moi, un forum est l'affaire
de tous les membres et que chaque membre a sa place et sa part
de responsabilités pour faire avancer les choses. Mais lui
a une vision autre puisqu'il dirige une "business".
Donc
cette "collaboration" est devenue trop lourde en me
laissant une grosse boule au creux de l'estomac et beaucoup de
déception aussi. J'ai comme un gros sentiment d'impuissance
et l'anxiété se manifeste. J'ose lui dire qu'il
est contrôlant et lui de répliquer en m'accusant
de tous les péchés du monde (ben oui, j'exagère,
j'veux me faire plaindre - lolll...). Comme cette "business"
ne m'appartient pas, j'ai deux choix: continuer à subir
les contrôles en tout genre (et ça c'est ma vision
à moi) ou lâcher prise. Mais mosus que c'est difficile
de lâcher prise quand tu aimes quelque chose, que tu t'es
investie dedans et que tu crois en ce projet. Quand tu crois si
fermement en quelque chose, il s'installe automatiquement une
grosse charge émotive. Je me projetais dans la réalisation
de telle affaire ou tel autre truc... difficile alors de lâcher
prise, très difficile. En fait j'aurais pu lâcher
prise de bien des façons, ben j'imagine... lâcher
prise sur ma vision de l'affaire, lâcher prise sur mon empressement,
lâcher prise sur les projets que j'échafaudais, lâcher
prise, lâcher prise sur.... je ne sais trop quoi. Donc à
défaut de trancher, j'ai lâcher prise sur ma collaboration
avec cette personne. Ah ce n'est peut-être pas la manière
idéale mais j'étais incapable de lâcher prise
juste un peu. J'en voulais trop j'imagine, alors impossible d'en
faire à moitié, j'ai tout lâché !!!
En fait, c'est comme un alcoolique... il ne peut pas boire qu'un
verre, il devra voir le fond de la bouteille. Alors il doit s'abstenir
de tous les plaisirs, même les petits et c'est exactement
ce que j'ai fait. J'ai tout lâché !
Au
moment où j'écris ces lignes, je n'ai pas encore
assez de distance pour mesurer l'ampleur de ma décision.
Je la subis, c'est tout ce que je peux faire. Peut-être
que plus tard je verrai la situation sous un angle nouveau. Pour
l'instant, je vis dans le regret de ce qui aurait pu être...
mais je sais pertinemment qu'il m'est impossible de travailler
avec une personne qui veut tout contrôler même si
la "business" lui appartient... ben là en écrivant
ces mots, je me dis qu'on va me traiter de contrôlante à
mon tour de vouloir "contrôler" un truc qui ne
m'appartient pas - loll. Mon raisonnement est logique - pour moi
en tout cas - on ne peut pas dépendre de bénévoles
et de membres pour un forum et vouloir contrôler jusqu'à
leurs idées tout de même ! Et comme on ne peut changer
une personne, aussi bien changer de personne
tout simplement et aller voir si je peux offrir mes services ailleurs.
L'avenir nous le dira là aussi...
Faut
dire que mai est un mois très difficile pour moi du point
de vue émotions (ma mère s'est suicidée en
mai, mon frère y a sa date d'anniversaire mais je ne vois
plus beaucoup mon frère, c'était également
le mois où ma mère avait son anniversaire et il
y a 2 ans, mon homme était opéré en mai pour
son cancer). Une chance ça ne dure qu'un mois !

Été
2007
J'suis
assise sur mon coin de divan au bord de la fenêtre. J'suis
seule, mon homme est parti jouer au bridge. Je vois la lune pleine
grandeur entourée d'un beau halo comme si elle avait coiffé
ses plus beaux atours. Je la regarde au travers mes yeux rougis
qui s'étale sur cette luxuriante nature que j'ai tant aimée
mais ce soir je ne vois que des barreaux à la place des
arbres. Des barreaux beaucoup plus solides que ceux d'une prison
et je me surprends à mettre mes pas dans les pas de mes
jeunes années... en pensée bien sûr ! Tout
est si calme dans cette blafarde clarté lunaire et moi
si stressée et si triste. Je me remémore mes joies
anciennes, mes plaisirs d'antan. Pourquoi essayer de vivre mon
passé au lieu de bien vivre mon aujourd'hui ? Il fut un
âge où tout était bon, gai, charmant, grisant
même... aujourd'hui la seule chose grisante ce sont mes
cheveux. Pourtant ça ne date pas d'il y a si longtemps
mais je me sens déjà si vieille, si vieille... ce soir en
tout cas ! Ça me semble maintenant à l'autre bout
de ma vie que ces souvenirs, avant le tournant, ce vilain tournant
qui approche... d'où on aperçoit tout à coup
la fin du voyage (j'aurai 60 ans cette année).
Je
regarde mes arbres comme si je voudrais en sonder la profondeur
mystérieuse et paisible, pour m'élancer dedans,
fuir, me cacher à tous les regards et retrouver ma jeunesse
perdue... c'est peine perdue naturellement ! Le soir tombe. Le
voile de brume qui couvre la campagne au crépuscule se
déploye lentement... et là, toute à ma contemplation,
je m'enivre de cette poésie qui flotte, faite de cette
sensation de fraîcheur particulière et charmante
qui emplit les bois à l'approche de la nuit... et je réussis
à retrouver une certaine plénitude, me couche...
et je m'endors. Quelques jours de nostalgie et je reviens à
mon quotidien... fort heureusement.
Je
vous ai dit qu'un alcoolique ne pouvait prendre un seul verre
sans boire toute la bouteille. Bien... j'ai succombé. Eh
oui, après une rencontre pour s'expliquer, je suis revenue
tête première dans mon workalcoolisme. Ou je ne comprendrai
jamais les leçons que la vie m'apporte, ou je suis masochiste,
ou tout simplement j'ai besoin de bouger et de m'occuper à
me rendre utile. Ben là, ça ne me tente pas de me
creuser les méninges pour tenter de me comprendre et encore
moins de comprendre les autres.
Freud
disait que le masochisme était une fuite en avant. Ça
doit être ça... je fuis "en avant" pour
me faire oublier que j'ai plus d'années en arrière
qu'en avant - lolll. Sérieusement... il est vrai que le
terme masochiste est étroitement lié à la
sexualité mais il est vrai également qu'on dit que
le masochisme est une forme d'altération de la personnalité
qui pousse le sujet à se soumettre à une souffrance
physique ou morale, pour éprouver un plaisir. Si je prends
cette définition au sens large du terme... ben c'est vrai
que je souffre de masochisme puisque je "souffre" (parce
que je le veux bien) physiquement (je passe
des heures sur le travail) et moralement (je
ne cesse d'être en butte avec la direction) pour
avoir le plaisir et la satisfaction de faire quelque chose pour
mon prochain. Je sais, je pourrais le faire autrement que via
ce forum. Mais c'est qu'avec ce forum, je suis sur mon écran
à l'heure que je veux, quand je le veux et habillé
comme je le veux. Qui plus est... je n'ai pas à sourire
à tous et chacun en prenant soin de ne pas oublier personne
pour ne pas vexer X ou Y. Bon... aussi bien assumer mon masochisme
et essayer de ne pas me prendre trop au sérieux - lolll.
J'vais faire un bout de chemin vers "bouger et m'occuper
à me rendre utile"... pourquoi pas. Ça occupe
mes journées en attandant de reprendre la route pour l'hiver
prochain.

Automne
2007
J'suis devant une page blanche (ben bleue-mauve en ce qui concerne
cette chronique). On est le 3 octobre seulement et je ne peux
pas écrire grand chose car nous sommes dans nos préparatifs
de voyage. En principe, on devrait quitter le 17 novembre prochain.
Que veut dire le "en principe" ?
C'est
que nous, mon mari et moi, attendons des résultats médicaux.
Ne dit-on pas que l'attente est une façon d'apprendre à
dominer ses peurs ! Eh bien, en ce qui me concerne car je ne peux
pas parler au nom de mon mari, j'en suis au cours 101 et je n'arriverai
jamais à dominer cette "attente". Elle me gruge
de l'intérieur. L'attente,
dans mon cours 201, devrait être synonyme d'espoir aussi
mais j'ai bien de la misère avec ça.
Mais
de quoi parle-t-elle direz-vous !!! Été dernier, une petite lésion anodine apparaît sur un sein.
Biopsie le 10 août et j'attends encore les résultats
car le pathologiste de Maisonneuve-Rosemont a demandé un
deuxième avis dans un autre laboratoire. En plus, la cicatrisation
se fait très mal. Rougeur, nodule sous la peau, sensibilité
et démangeaison. Bizarre d'affaire car je n'ai jamais eu
de problème de cicatrisation avec mes quatre opérations
plus importantes et mes quatres autres carninomes enlevés.
Heureusement
par contre, le "monde" me tient occupée. J'ai
6 projets de page web à faire et/ou à terminer avant
mon départ. En plus, le forum de caravaning prend beaucoup
de mon temps car je suis administratrice temporaire (ne riez surtout
pas - moi j'peux rire de moi mais pas vous - lolll). Et comme
si ce n'était pas assez, je me suis mise à refaire
le récit de mon dernier voyage au Mexique (celui fait avec
la caravane en tant que serre-file temporaire) pour ne pas léser personne mais pour pouvoir
l'offrir au "grand" public. Il est donc accessible à
tout l'monde maintenant via DieVoyages!
Et
comme dirait une connaissance sur mon forum de caravaning (pseudo
Ariane pour ne pas la nommer) "la vie est parfois un
vrai tourbillon de contradictions; de peines, de joies, de luttes
et d'espoirs, mais quel bonheur de la vivre cette vie là ".
Et c'est exactement ce que je ressents à à peine
1 mois de mon départ.
Et
comme à chaque fois que je pars pour longtemps, même
si j'ai bien hâte, j'ai toujours un peu d'appréhension
et le coeur un peu lourd de quitter les miens.
On
se donne rendez-vous en mai...
Je
croyais ne rien avoir à vous dire de plus puisque nous
partons le 18 novembre. Mais me revoilà...
Vous
savez, des fois, dans notre quotidienneté, on s'imagine
que les autres font leur affaire et qu'ils oublient que nous existons.
Chacun vaguant à ses occupations et préoccupations
et on s'imagine seul(e) dans notre bulle. On a tous ce sentiment
un moment donné et si on est dans un de nos mauvais jour
on s'imagine que nous valons rien aux yeux des autres. Vous connaissez
le principe de Maslow ? Non ? j'suis certaine que vous avez déjà
entendu parler de sa pyramide en tout cas. Non non, ce n'est pas
un égyptien - lolll. Je m'explique...
Selon
ce psychologue, Abraham Maslow, les besoins humains sont organisés
selon une hiérarchie constituée de cinq niveaux.
Nous recherchons d'abord, selon Maslow, à satisfaire chaque
besoin d'un niveau donné avant de penser aux besoins situés
au niveau immédiatement supérieur de la pyramide.
À la base, on retrouve les besoins physiologiques élémentaires
et à son sommet, on retrouve les besoins psychologiques
et affectifs d'ordre supérieur. Ce sont ces besoins qui
créent la motivation humaine. Sans
surprise, on recherche par exemple à satisfaire les besoins
physiologiques avant les besoins de sécurité (2°
niveau) et c'est pour cela que dans une situation où notre
survie serait en jeu, nous sommes prêts à prendre
des risques.
Le
3° étage de la pyramide est représenté
par les besoins sociaux : d'affectivité (être accepté
tel que l'on est, recevoir et donner amour et tendresse, avoir
des amis et un réseau de communication satisfaisant), d'estime
de la part des autres (être reconnu comme ayant de la valeur) et d'appartenance (on vit en société et notre existence
passe par l'acceptation des autres avec leurs différences,
ainsi que par l'appartenance à un groupe). Si ces besoins
de base sont satisfaits, il y a apparition, selon ce que l'on
appelle le principe d'émergence, d'autres besoins dits
besoins secondaires de développement, qui sont plus de
l'ordre de la réalisation de soi, comme être libre,
que du comblement de manques.
Le 4°, c'est le besoin d'estime de soi-même : sentiment
d'être utile et d'avoir de la valeur, d'être autonome,
point de départ de l'acceptation de soi et du développement
de l'indépendance. Ce besoin une fois satisfait, on peut
alors accéder au sommet de la pyramide, arriver à
la réalisation de soi (accroître ses connaissances,
développer ses valeurs, "faire du neuf", créer
de la beauté, avoir une vie intérieure) et, comme
dit Nietsche, "devenir ce que nous sommes ".
Chez de nombreux individus, ce besoin d'actualisation de soi comprend
les besoins de compréhension cognitive (nouveauté,
exploration, connaissance) et les besoins esthétiques (musique,
art, beauté, ordre).
Bon
voilà pour la psychologie humaine... se sentir accepté,
être aimé et s'aimer, se sentir "de la gang".
Ben c'est justement ce qui m'est arrivé le 27 octobre dernier
et j'peux-tu vous dire que OUI c'est important et que oui ça
fait un bien énorme. Un beau gros "boost"
pour mes 60 ans !!!
Mon
fils et sa femme et ma fille par "procuration" (elle
vit à Whitehorse au Yukon, vous vous souvenez) m'ont
fait un "surprise party". Mon fils nous invite au restaurant
dans le cadre de son travail dit-il. On accepte et on se rend
Chez Alexandre sur la rue Duluth à Montréal. Arrivé
au restaurant, je vois un type que je prends pour mon neveu. Il
se tourne la tête et je me dis qu'il doit y ressembler tout
simplement. Il me regarde à nouveau et comme je m'approche
pour lui lancer un truc du genre: "mais qu'est-ce que
tu fais là, quelle drôle de coïncidence",
je me lève la tête et je vois la longue tablée
d'une vingtaine de personnes... amis et famille. Mais attendez...
Je les regarde
tour à tour, émue et gênée tout à
la fois et qui vois-je qui s'avance vers moi dans l'allée...
ma fille !!! Oui oui... celle du Yukon (j'en ai juste une - lolll). Je me secoue la tête,
me croyant dans un mauvais rêve et je m'avance. Quand elle
m'enlace, je m'effondre en larmes dans son cou. La dernière
fois que je l'avais vue c'était le 25 décembre 2006
et elle venait de faire le voyage pour moi.
La soirée
s'est déroulée "dans un nuage"... je sais
que j'ai parlé à tout l'monde, je sais que j'ai
mangé un peu, je sais que j'ai bu un peu de vin, que j'ai
ouvert cartes et cadeau... mais j'ai comme l'impression de "flotter"
tout au long de la soirée.
Nous sommes
revenus dans ma campagne avec ma grande fille qui va prendre quelques
jours pour aller voir ses amis et qui retournera à Whitehose
le 10 novembre prochain. Je n'ai presque pas dormi de la nuit...
l'excitation, la fébrilité du moment et toutes ces
émotions ont fait en sorte que je n'ai rien digéré,
que j'ai eu le va-vite une partie de la nuit et que je me suis
levée avec un mal de coeur... la
madame est bien contente mais ce n'est plus de mon âge ces
grands frissons!!!
Ce "besoin
de se sentir aimé" arrive très à point.
D'abord parce que les changements de dizaines sont toujours plus
difficiles à accepter mais également au niveau de
ma perception avec les enfants. Ma fille à Whitehorse,
mon fils qui est très occupé et nous n'avons que
très peu vu cet été et ajoutons à
cela que nous partons avant les fêtes cette année
et ce, pour 5 mois. Et qui plus est... les problèmes rencontrés
avec l'association où j'oeuvre bénévolement
me laissent dans le doute quant à mes besoins de mes 3
derniers échelons de la pyramide. J'ai de plus en plus la sensation qu'on profite de mon expertise (je ne parle pas monétairement mais bien humainement si je peux m'exprimer ainsi)
mais que la personne humaine que je suis est laissée derrière
pour le bénéfice d'une "business" qui
commence à me peser lourd. En d'autres termes, je ne me
sens pas valorisée dans cette action et ça fini
par provoquer une insatisfaction. C'est pourquoi d'ailleurs que
je vais prendre mes 5 mois de voyage pour réfléchir
à ma situation dans ce regroupement. Je fais peut-être
fausse route et que la fatigue accumulée me donne une mauvaise
perception. Je verrai. Chose certaine, quand on fait du bénévolat,
on le fait d'abord pour soi... si on n'en retient plus de satisfaction
c'est qu'il y a un problème quelque part. Sans vouloir
jeter toutes les pierres aux autres... peut-être que ce
bénévolat là ne correspond plus à
mes besoins, tout simplement.
En
tout cas, j'ai au moins de la famille et des amis qui m'aiment
assez pour être à mes côtés et ça
ça fait vraiment chaud au coeur.
Hiver
2007-2008
Normalement je n'ai pas grand chose à dire dans cette section "hiver" car je n'y suis pas. Je ne devrais pas y être non plus cette année car nous sommes partis le 18 novembre 2007. Vous vous souvenez... on voulait faire Le Grand Tour du Mexique, voyage que nous pensions faire hiver 2005-2006 mais qui a été impossible de faire car André était sous traitement suite à sa prostatectomie. Cette année ça devait être la bonne mais... nous revoilà au Québec pour y passer l'hiver et quel hiver ! Un incident a fait avorté notre projet. Vous pouvez le lire dans DieVoyages (en écrivant ce titre, ça me rappelle mes "Sylvie", lecture de ma pré-adolescence), sous le titre Mexique, le Grand Tour. Faut croire qu'on n'était pas dûs.
Croyez-vous aux, comment je pourrais appeler ça... les prémonitions ? Non pas que j'avais prévu un malheur... pas cette intuition qu'un évènement va se produire mais plutôt le sentiment que nous ne sommes pas dûs pour quelque chose car trop de petits détails sont venus se pointer en cours de préparation. Je m'explique... bon il y a eu cette incapacité de faire ce voyage en 2005, et cette année ce fut d'abord mon problème médical au sein droit suivi des inondations dans le Golfe du Mexique, à VillaHermosa plus précisément (où nous devions passer et même coucher) qui nous ont obligés à nous préparer un plan B au cas où nous ne pourrions pas passer. Mais comme on avait un gros mois devant nous avant d'y être, ce n'était qu'en suspends mais tout de même. On surveillait la situation de très près. Il y avait également des démêlés policiers entre les zappatistes et le gouvernement mexicain dans la zone du Chiapas que nous surveillions mais on avait prévu se rendre à San Cristobal en autobus nolisé pour amoindrir les problèmes potentiels. Ça c'est avant de partir. Cette année, je n'avais pas autant de fébrilité anticipée pour le voyage comme par les années passées mais je mettais ça sur le compte d'un troisième voyage. Je commençais à avoir l'habitude, c'est ce que je me disais. Mais, effectivement, je ne "sentais" pas ce voyage là comme les autres. Et ce n'était pas fini...
Une fois sur la route... la température exécrable qui nous retarde, une pièce du muffler qui lâche, un mal de dos terrible qui me rend la route insupportable par moments me demandant même comment je vais bien pouvoir faire mes 18,000 km, les pneus qu'on veut changer mais qu'on doit commander et obtenir 1 semaine plus tard, l'incident des stabilisateurs qu'on brise, l'attente obligée de 3 jours avant de traverser au Mexique...
Trop d'éléments que moi j'appelle "annonciateurs" sont réunis pour que le voyage se passe bien. Et voilà... le malheur frappe le 7 décembre après-midi, le premier jour en sol mexicain. Le feu réduit à néant tout notre rêve de retraite: le VR n'est plus qu'un amas de tôles tordues, tous nos biens, sauf le camion, réduient en cendres. On doit revenir au Québec et c'est pourquoi je peux vous écrire ce bout de chronique.
Comment exprimer ce vide, ce manque, cette perte ? Après la stupéfaction - on n'y croit pas vraiment, on pense toujours que c'est un mauvais rêve et qu'on va se réveiller - suit l'abattement. Tu viens pour te brosser les dents, rien. Tu n'as même plus de sous-vêtements pour te changer et tu es en short et chandail seulement pour revenir en hiver au Québec. Ce sont les premières manifestations de ce manque... que l'on peut combler assez facilement, je vous l'accorde, mais sur le coup tu te sens "tout nu". Toutes nos conversations ne tournent qu'autour de l'incident et de ses conséquences. On aurait pu y laisser notre peau... alors on a un sentiment de gratitude d'une situation malgré tout providentiel que ce soit arrivé sur la route. Mais ce baraka fait vite place à de l'inquiétude quant au futur. Une grosse partie de nos projets sont à réviser, les démarches avec les assureurs nous semblent un bien gros défi que pour l'instant on se sent incapable d'affronter mais il va bien falloir le faire et en attendant que cela se règle, il y a l'incertitude. Cette dernière, associée à l'attente, ne nous donne pas des journées trop trop joyeuses.
Bien sûr, il y a eu les Fêtes au Québec où tout le monde a été fort gentil avec nous. La compassion et l'empathie des gens de mon entourage a fait en sorte que ces premiers jours de retour furent tout de même agréables et fort occupés en plus. Après, nos journées sont occupées pour ne pas dire préoccupées avec le listing des articles perdus. Une FW, équipée pour partir pendant 5 mois, est une maison sur roue. Donc, du stock il y en a et pas à peu près. Bien sûr, il y a les trucs faciles comme nos 2 portables et nos 4 caméras mais se souvenir de ce que nous avions dans le tiroir ou les armoires de cuisine ou ceux de la chambre, quelle année ce fut acheté et quel en était le prix demandent une recherche incroyable, parfois même en vain et ça fini par nous démoraliser davantage. Mais on n'a pas le choix de passer au travers cette étape. Une fois que ceci sera en cours de réglement, on pourra penser à ce que nous ferons du restant de notre vie.
Nous en sommes là... cette "brisure" dans notre retraite dorée nous oblige à réfléchir davantage sur ce que nous voulons à 60 ans, ce que nous pouvons réaliser également avec les moyens financiers que nous avons. La réflexion est intense comme individu et aussi comme couple. Et ce n'est pas sans un pincement au coeur qu'on réalise que le mot AVENIR est tout d'un coup bien court et s'écrit plus en 2 mots qu'en un seul.
Quand on calcule nos REER et placements avec un sigle de dollar devant et une virgule après les dizaines même si ces dernières ne sont pas énormes, on se rend compte que de le diviser par LA dizaine de notre "à venir" c'est loin d'être réjouissant... c'est même navrant. Donc, faut se trouver de bons arguments pour rendre notre futur des plus agréables et surtout de le vivre le plus sereinement possible.
On a encore un toit sur la tête, on mange à notre faim, on a encore quelques économies, on a même des assurances même si ce n'est pas énorme et surtout on a de la famille et des amis qui nous aiment bien et qu'on aime tout autant. Le temps fera le reste... faut juste savoir comment re-traiter notre à venir pour amalgamer ces deux beaux mots en retraite et AVENIR !!!
À nous de faire l'impossible pour y arriver et de prioriser nos priorités - lolll.
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