Printemps
2003
Ça
fait exactement 2 semaines que nous goûtons aux joies de la
retraite tant attendue. Les semaines "préliminaires"
ont été bien éprouvantes. Laissez un travail
que lon aime, une consoeur et un boss quon apprécie,
vider son logement où lon a vu naître et grandir
nos enfants et qui a été témoin de notre évolution
"matrimoniale" et personnelle, avec tout ce que ça
comporte defforts et dadaptation, quitter les voisins/es
tout ça ce sont des petits deuils que lon doit faire
et que lon doit absorber lentement et le support dune
amie chère a été dun grand secours (merci
chÔmmy).
Même
si le "chalet" nétait pas de linconnu
comme environnement, vivre à la campagne, dans lbois
par surcroît, cest tout de même de linconnu.
Et moi jai bien de la misère avec linconnu. Jsuis
bien dans ma routine sécurisante et quand on prend de lâge
je pense que cest encore plus vrai.
La
première semaine ici fut intense car elle coïncidait avec
la Fête de Pâques. Ce qui métonne cest
quon est choisi inconsciemment ce temps pour se retraiter (le
17 avril pour moi et le 18 pour mon mari). Pâques est
pour moi un signe de renaissance (rien à voir avec la religion).
Comme cest la fête qui amorce le printemps, ce renouveau
de la terre nous donne normalement des ailes et lenvie aussi
de nous renouveler nous-mêmes. Cest la période
où dhabitude je prends mes "résolutions"
de mieux-être : maigrir, faire plus dexercice, mieux manger,
mieux aimer en y prenant le temps et des fois des cours ou à
tout lmoins sinformer par la lecture
question denlever
sa couche dhiver qui fini toujours par nous étouffer.
On a envie douvrir les bras et de sécrier ENFIN
!!!!
Mais
cette année ce ENFIN a pris des allures de grandes fêtes.
Les enfants étaient là pour partager cette re-naissance,
cette re-traite, dans le sens de traiter à nouveau nos vies
et comme il ny a pas de hasard dans la vie (clin
dil à France), Éric et Anita vont
aussi avoir du nouveau dans leur vie. Un autre enfant à naître.
De plus, mon frère a en quelque sorte renoué les liens
familiaux (détériorés ces dernières années) en nous invitant à souper pour fêter lévénement
et nous "présenter sa nouvelle vie" à lui
aussi.
Alors
comme dirait les astrologues
les astres sont en bonne position
et la conjoncture est bonne !!!!
Donc,
cette première semaine, hormis les festivités, nous
navions pas changé notre rythme de "travailleurs
stressés". Sans repère, sans routine, encore dans
les boîtes et le barda
ça ne fut pas tellement
différent du point de vue des relations humaines. Mais une
fois les réjouissances passées et linstallation
de la maison faite de façon raisonnable même si pas entièrement
complétée, on peut dire que la deuxième semaine
fut plus à limage que je me faisais dune retraite.
Et je nhaïs pas ça
pas du tout.
Se
lever plus tard, 2 heures plus tard en fait, prendre son temps, faire
ce que lon aime en se disant que si cest pas fait, ben
demain on pourra le faire
quel bonheur. Plus de course contre
la montre. Plus de taxi à faire. Ne plus se partager les commissions
à faire pour pouvoir arriver dans son temps mais plutôt
de faire ces mêmes commissions ensemble pour le seul bien-être
dêtre justement ensemble
Par
conséquent, étant moins sur les nerfs, tout simbrique
tellement plus facilement et les relations en sortent gagnantes. On
a des projets plein la tête mais pour linstant on se laisse
bercer par le temps et notre quotidien. On verra plus tard, pour lheure
nous sommes en "vacances". Vacances du corps et de lesprit.
On se laisse vivre quoi !!!
Quoi
ajouter dautres
que nous aidons la terre à renaître
elle aussi. On lui fait une "beauté" en lui enlevant
à elle aussi sa couche hivernale. On nettoie maison, auto,
roulotte, terrain pour que cette "propreté" nous
contamine et nous donne la sensation de ce mieux-être. Et quand
on sassoie sur la galerie pour relaxer, on observe létang
en face de la maison où une loutre, castors, canards et même
un grand héron gris se partagent cette petite surface deau
(photo de l'index) et où une
marmotte nichée sur sa clôture les regarde dun
air envieux. En prime nous avons le chant des oiseaux, le vrombissement
du ruisseau dans son dégel, les lamentations du vent qui a
libre cours dans les branches des arbres sans feuille
quel CD
peut rivaliser avec ça ?
Est-ce
quun jour on se tannera de ce spectacle ? Jose espérer
JAMAIS.

Été
2003
Ma
première grande difficulté dadaptation cest
le rythme !!! Bien oui, jai beau me "damienniser"
dans mon cur et dans ma tête, prendre le rythme de la
campagne, pour une fille de la ville, cest, pour linstant,
au dessus de mes forces (hihihi).
Mon
plus bel exemple, et très insignifiant, cest la pose
de mes pneus dété. Je prends rendez-vous avec
le garagiste du rang pour 9h00. Il arrive à 9h50 et me dit
quil ne peut me passer tout de suite car il na pas terminé
la job de freins dhier. Mon auto a été
prête à 14h00 !!! En soit, ce nétait pas
catastrophique
jsuis revenue chez moi à pied, faisant
une petite marche de santé mais jai bien bien de la misère
à madapter à ça car cest ainsi pour
tout tout tout !!! On a attendu un électricien pendant 10 jours
une chance que nous navions pas de problème. Ce nétait
que pour une vérification suite à la demande de notre
compagnie dassurance. Dailleurs on va devoir changer lentrée
de notre installation électrique à moyen terme. Oups
première dépense imprévue
on navait
pas tout prévu faut croire (hihihi).
La
nature est magnifique
tout est vert, mes lilas commencent à
fleurir et notre rocaille commence à avoir des petites couleurs.
Nous avons fait notre jardin : carottes, oignons, radis, laitue, épinards,
concombres et tomates. Nous nous sommes même permis de replanter
des fraises que nous avions perdues lan dernier en espérant
que cette fois nos plants ne gèleront pas. Et puis le reste
du potager est en pommes de terre. Quant à mes asperges, plantées
il y a 4 ans, elles produisent trop pour nos besoins (hihihi). Quà
cela ne tienne
je vais prendre les plus gros turions et en faire
un bon potage. Je nai pas le pouce vert mais jessaie dapprendre
avec mon mari qui lui est beaucoup plus "cultivé"
que moi (hihihi).
L'été
commence avec les travaux du muret de la façade à rebâtir.
Même qu'on a dû le refaire une deuxième fois en
partie à cause d'un orage qui nous a amené plus d'eau
que la terre pouvait en absorber. Entre les 12 camions de gravier
à pelleter et étendre et les parpaings de ciment à
murailler nous avons tout de même profité de notre roulotte
en allant camper à quelques reprises.
En
mai au Parc du Mont Orford au lac Stukely où l'on a expérimenté
pour la première fois le comment du pourquoi du stationnement
d'une roulotte (hihihi). Mais c'est un très beau parc faunique
et floristique où l'érable à sucre domine les
forêts matures de ce dernier. Assister à l'éveil
printanier des sous-bois est une richesse qui ne s'achète pas.
S'endormir au son de la brise dans les feuilles et se laisser accompagner
au pays de nos rêves jusqu'à notre éveil... quel
délice surtout si on a de la belle compagnie durant le jour
pour agrémenter nos repas et sorties. Merci chÔmmy de
nous avoir invités.
Fin
juin, pour la semaine de la St-Jean, on va camper au Lac d'Argent
à Eastman avec ma belle-soeur et son copain et comme on a de
la suite dans les idées, le week-end de La Confédération
on se retrouve au Camping de la Montage d'Argent à La Conception
avec ma chÔmmy Diane. Un autre petit répit fort agréable
sur le bord de la Rivière Rouge.
Fin
juillet, c'est avec nos enfants qu'on va camper au Fitzroy Provincial
Park en Ontario (près de Kingston). Ce n'est pas le camping
que l'on voulait mais faute de s'être pris d'avance, on s'est
rabattu sur ce dernier. Il a plu toute la semaine ou presque... les
terrains ne réussissant pas à sécher entre les
ondées. Mais nous étions en famille et c'était
merveilleux. Un petit incident accompagne cette sortie... une lumière
dans le camion s'est allumée et nous rend le retour pénible
car on ne sait jamais quand le camion rendra l'âme mais ce n'était
qu'un petit défaut sans conséquence. De plus, un autre
incident vient déranger ce retour... ma bicyclette s'est détachée
de la roulotte en revenant de voyage et s'est retrouvée sur
un terrain privé. Mais dans une voiture qui nous suivait, la
dame l'a réclamée prétextant qu'elle était
de notre groupe et qu'elle nous la rapporterait !!! Ouais... d'une
bicyclette perdue, c'est devenue une bicyclette volée !
Fin
août, le goût de la bougeotte nous reprend on se paie
une petite vacances de 4 jours au Parc de la Mauricie. Quoi de mieux
que la mosaïque mauricienne de lacs d'eau douce et de forêts
pour nous donner le goût de continuer ce fameux muret. Le seul
hic c'est que nous nous sommes payé une randonnée pédestre
de 15 kilomètres mais que j'ai dû terminer cette escapade
sur mes chaussettes tellement j'avais mal aux pieds, malheureusement.
Mais ça valait la peine !!! Très très beau parc
qu'il sera intéressant de revoir d'autant plus que c'est à
peine à 1h30 de notre maison.
Fin
septembre, mon mari et moi avons fini par finir le muret et on décide
de se payer une semaine de vacances justement au Parc Sandbanks en
Ontario là où l'on voulait aller camper en juillet avec
nos enfants. Quoi de mieux pour se ressourcer d'autant plus qu'il
n'y a personne sur les terrains de camping à cette période
là de l'année. Le Lac Ontario est une vraie mer intérieure
et ce fut des vacances formidables. Nous avions apportés nos
bicyclettes (la mienne étant neuve - hihihi) pour m'éviter
des ampoules supplémentaires et ce fut de très belles
randonnées de 20 à 25 kilomètres par jour.
Les
journées ici passent à la vitesse de léclair.
Je ne vois pas le temps passer et je ne mennuie pas du tout
du bureau. Japprends aussi à reconnaître les petits
animaux et oiseaux de mon environnement. Jai même un petit
colibri : un colibri à gorge rubis (Ruby-Throated
Hummingbird Archilochus colubris). Saviez-vous que cest
le seul colibri à lest des plaines ? Alors pas difficile
de savoir lequel nous avons (hihihi).
Quoi
vous raconter de plus... faudra attendre la prochaine chronique d'automne.

Automne
2003
J'attendais
les coloris d'automne dans le paysage damiennois mais ils furent de
très très courte durée. L'ocre se fait rare et
je compte les feuilles qui tombent en marchant entre les arbres et
leurs ombres. Mon ruisseau a ralentit sa course un bref instant, enveloppé
dans un écrin métallique tout neuf, pour regarder passer
l'automne. Mais à peine quelques jours ont suffi pour que mon
étang se gorge de cette pluie et vient noyer les nénuphars
épuisés de l'été.
Heureusement,
dans cette grisaille, la vie bouillonne, un être est né.
Un petit Maxime a vu le jour un matin de novembre pour le plus grand
bonheur de mon fils et évidemment de sa femme et la joie des
grands-parents. Quant à ma fille, elle a eu un "accouchement
dystocique " si je peux m'exprimer ainsi (hihihi) en menant
anxieusement et douloureusement à terme son mémoire
en sociologie. Quelle délivrance pour elle mais également
pour les parents que nous sommes.
Pendant
que la lumière du soleil et de la lune caresse les champs à
tour de rôle, on en profite pour récupérer de
notre fatigue de l'été et pour préparer nos Fêtes
et nos voyages. En effet, on prévoit partir pour le Texas de
la mi-janvier à la mi-mars et possiblement en Europe pour le
printemps 2004.
À
pas feutré, la neige s'est amenée en novembre mais comme
on ne l'a pas écoutée, elle s'est fait plus pressante
en décembre... juste à temps pour préparer ce
Noël tout blanc. Et pendant que cette dernière trace ses
pas d'un blanc immaculé, saupoudrant les arbres de teintes
inimitables du blanc qui fuient à perte de vue dans le blanc...
nous, nous noircissons du papier de nos découvertes texanes,
françaises, italiennes et corses. L'internet est donc mis à
forte contribution au grand désespoir des nôtres qui
n'ont plus accès à notre ligne téléphonique.
À
ces journées cloîtrées s'ajoutent quelques balades,
des exercices de déblayage de ces flocons amoncelés
et des essais culinaires préparatoires aux festivités.
Et si l'adage Noël neigeux, été merveilleux s'avère vrai, on aura un bel été puisque
60 à 70 centimètres de neige sont déjà
tombés les 17 et 18 décembre 2003.

Hiver
2003-2004
Nous
voilà à quelques jours du grand départ... nous
sommes le 22 janvier 2004 et tout est près pour notre première
aventure. C'est l'un de nos importants projets de nos 20 dernières
années que nous allons mettre à exécution. Notre
fébrilité est plus que palpable... une belle excitation
s'est emparée de nous cette semaine.
Le
voyage tant attendu...
Partis
le 24 janvier, nous revenons au bercail le 12 mars 2004. Sept semaines
de trottage c'est fatiguant mais aussi très stimulant. Nous
revenons et l'hiver est sur le seuil de la porte, prêt à
partir... juste le temps de lui dire un dernier au revoir. Comment
en faire un résumé... commençons par une touche
d'humour si vous voulez bien...
À mon avis,
le plus difficile en voyage ce sont les cabinets d'aisance (aisance
mon il) et les douches (de l'italien doccia ce qui veut dire
conduite d'eau) et c'est souvent ce à quoi nous avons seulement
droit justement !!!
5h30 am - la pire
envie de la journée
celle du matin
tu t'habilles
et tu coures lentement vers les toilettes pour ne rien perdre en cours
de route. La porte s'ouvre par l'intérieur (toutes les portes
des toilettes s'ouvrent par l'intérieur - allez donc savoir
pourquoi) et comme l'espace réservé est justement très
"réservé" tu dois te contorsionner entre le
cabinet et la cloison métallique pour refermer la porte, ce
qui te donne à peine quelques pouces de jeu
un jeu d'adresse
quoi !!!!
Bon, tu parviens
à fermer la torbinouche de porte mais pas de tourniquet pour
barrer la porte. Pas grave, t'es seule
pour l'instant !!! Tu
parviens à faire maladroitement ce que tu as à faire
- sans vraiment t'installer sur le banc dit "sanitaire "
que tu juges pas trop "santé" justement - et là
tu veux du papier hygiénique. Comme tout l'monde le sait, sauf
les concepteurs de toilettes publiques, les rouleaux de papier de
toilette étant par définition de forme cylindrique,
il y a des petits malins qui installent ces rouleaux sur des supports
rectangulaires. À croire qu'ils sont loin d'avoir inventé
la roue ou qu'ils veulent tester notre habilité au jeu de patience
et ce à 5h30 du mat !!! Alors tu te sors un petit rectangle
à la fois, tu les empiles l'un sur l'autre pour obtenir un
tant soit peu une absorption adéquate et une protection pour
tes doigts. C'est qu'il en faut des petits rectangles quand la feuille
ressemble à du papier-calque.
6h10 Good c'est
fait
faut sortir de ton cubicule
nouveau jeu de stratégie
pour remonter tes culottes et sortir de là. Tu retournes à
ton campement, avec une face mi-figue mi-raisin qui oscille entre
un sourire de soulagement viscéral, de contentement d'avoir
réussi le test du contorsionniste digne du Cirque du Soleil
et de frustrations retenues
allez donc vous rendormir après
une telle prestation !!!!
J'ai même
vu des portes de toilettes avec un " découpage "
dans la moitié du bas de la porte pour permettre à cette
même porte de passer " par-dessus " le maudit bol
de toilette. Comme espace exigu c'est exigeant en maudit !!!
Par contre au Mexique
j'ai trouvé des cloisons d'à peine 3 pieds de haut,
ce qui nous aurait permis de piquer une jasette avec la fille d'à
côté, tout en trônant, sans toutefois voir son
habilité à faire ça debout !!!
Les installations
" douchières "
un autre bel exemple de l'ingéniosité
des concepteurs sanitaires publiques. En principe ces douches publiques
sont faites de 2 compartiments : 1 où tu prends ladite douche
et l'autre pour te dévêtir. Pour te déshabiller,
pas de problème
tu accroches tes vêtements sur
les petits crochets quand il y en a ou tu les fourres dans ton sac
si tu as pensé de l'apporter
sinon tu fais preuve d'ingéniosité
pour ne pas les mouiller durant tes ablutions.
Compartiment no
1 - la douche elle-même : c'est un cube à trois faces
ou 3 ½ dans certains cas ne laissant qu'une ouverture minimale
pour y entrer ce qui en principe devrait limiter les éclaboussures
hors dudit cube. Le hic c'est l'endroit où l'on installe le
pommeau de douche
si ça semble évident détrompez-vous.
Certains messieurs les concepteurs ont trouvé le moyen de l'installer
face à l'entrée et non sur le côté. Et
ce n'est pas tous ces cubes qui sont munis du génial rideau
de douche. De plus, comme nos amerloques sont de grandes personnes,
ces pommeaux sont à leur hauteur ce qui fait qu'une fois l'eau
giclant elle ne se contente pas de rester dans le cube no 1 et vous
lavez vos vêtements en même temps si vous n'avez pas trouvé
moyen de les protéger.
Tu as mis ton savon
et ton shampoing par terre car la petite tablette est manquante ou
brisée mais tu as eu le malheur de choisir la douche où
le renvoi est bloqué. Tu vas t'en souvenir pour la prochaine
fois n'est-ce pas ?
Par contre si le
drain n'est pas bloqué mais que tu n'es pas la première
à aller te doucher, tu auras la surprise d'avoir un plancher
terraqué qui t'incitera à user de toutes les prouesses
dont tu es capable pour te rincer les pieds convenablement, t'habiller
et te chausser.
Maintenant que tes
cheveux sont propres et que tu sens bon le savon
on passe au
cube no 2 pour te rhabiller. Et c'est là que le fun commence
d'abord t'essuyer
si ta serviette n'est pas trop humide tu auras
de la chance de pouvoir t'assécher convenablement avant de
tenter de remettre tes culottes ou tes bas. Mettre un slip n'est pas
trop difficile mais essaie d'enfiler un pantalon sans laisser la jambe
de ce dernier tremper dans la flotte ou la boue. Ah je sais, certains
diront que tu as juste à sortir de là et le faire hors
des " cubes ". As-tu déjà essayé de
t'essuyer le dessous des seins ou la minette devant 4-5 femmes en
ligne qui n'ont rien d'autre à faire que de regarder comment
tu t'y prends et ce devant la porte d'entrée à 10 °
car la petite boîte à chauffage est à l'autre
bout de la pièce ou qu'elle ne fonctionne pas tout simplement
En conclusion
j'suis certaine que vous vous demandez pourquoi ne pas se servir de
la roulotte ? Ben ça dépend du nombre de jour que l'on
parque notre roulotte dans le parc et le genre d'installation qu'il
nous est permis d'avoir.
Pour répondre
à ce questionnement, disons que tous nous ne naissons pas égaux
dans la vie
tout comme les terrains de camping ne voient pas
le jour dans les mêmes conditions!!!
Règle générale,
aux USA, on peut dire que les terrains étatisés (State
Park) sont supérieurs aux terrains nationaux (National Park,
qui sont généralement des refuges de préservation
de l'espèce animale et par conséquent soumis aux installations
minimum pour la race humaine). Il y a aussi les terrains de comté (County Park - notre équivalent de terrains municipaux) donc
limités dans leurs moyens financiers d'installation et évidemment
les terrains privés, synonyme d'exploitation.
Mais comme leur
terminologie l'indique, il serait illusoire de trouver un State Park
dans une ville. Par conséquent pour obtenir un terrain de camping
digne de ce nom, il nous fallait faire des milles supplémentaires (plus long que des kilomètres) dans la campagne américaine
mais je dois avouer que ça valait bien le désagrément
du voyage.
Les commodités
dans les State Park sont à la hauteur : poteau d'eau et d'électricité
sur ton site, avec ou sans " sewer " (très beau mot
anglophone pour désigner le trou à merde). Mais
car il y a toujours un petit mais qui vient changer ta façon
de penser en quelque part
il y a moi et il y a mon mari pour
prendre des décisions sur le sujet. Non je devrais plutôt
dire qu'il y a mon mari et moi
Il est bien connu
que l'homme et la femme n'ont pas la même logique, ni les mêmes
goûts, ni les mêmes aspirations ou intérêts
et depuis que je vais à l'école je sais maintenant que
le masculin l'emporte sur le féminin sauf en de rares exceptions
et ça tout d'l'air que ce n'était pas une règle
d'exception que ce sujet. Donc pas de "sewer" sur le terrain
pour Madame
Il faut ajouter, à l'intention des non-initiés
au camping, que si tu n'as pas ce trou à merde directement
sur ton site qui te permet de te brancher de ta roulotte à
la fosse, on a à la sortie du terrain de camping ce que nos
amerloques appellent la "dump station" qui est la station
de vidange en bon français mais ça reste tout de même
un travail "merdier" à faire quelque soit la langue
que l'on utilise. (non on n'utilise pas notre langue pour faire ce
travail - juste au cas où vous auriez mal interprété
ma phrase
). Ceci est le travail de Monsieur mais comme il veut
limiter les dégâts, on doit également limiter
nos "arrêts" au bol de toilette de la roulotte autant
que possible (moi ma porte ouvre par l'extérieur car j'ai encore
moins de place pour la faire ouvrir par l'intérieur - ça
valait bien la peine de me plaindre des autres) surtout si c'est pour
les gros travaux. D'où ma visite à 5h30 du mat aux cabinets
d'aisance publiques !!!
En plus, comme je
disais, il y a 2 manières de voyager : l'une consiste à
se parquer pour un certain bout de temps pour laisser le stress quotidien
prendre un autre bord et il y a ceux qui comme nous, pensons que les
retraités doivent tout voir - tandis qu'ils sont là
- avant que la stagnation physique ou financière s'installe
ce qui fait qu'on campait et décampait aux 2-3 jours en général
d'où la raison qui motivait les décisions de mon mari
sur le sujet de la non installation au "sewer" et de ce
que je vais continuer à vous raconter
Pas trop fatigué
de lire... vous avez le droit à une pose café vous savez
ou à revenir plus tard (hihihi).
Prêt ?
Voici le reste...
D'une part, comme
ma roulotte est relativement petite (très relatif comme terme
car ça dépend avec qui on se compare) et que l'espace
rangement est limité et que d'autre part on ne voyage pas 2
mois sans apporter un minimum
et là encore le terme "minimum" n'a pas la même signification pour tous
ben mon
mini-bain sert à ranger les trucs de villageois que la campagnarde-campeuse
que j'essaie d'être ne peut se passer.
De plus, à
la lumière de ce que je vous ai expliqué pour les règles
de la "gram-mère", Monsieur ne voulait pas stocker
de l'eau propre et encore moins brancher le réservoir à
eau chaude et avec raison je pense étant donné notre
façon de camper et décamper.
Voilà pour
l'explication de ma conclusion de tantôt. Maintenant un mot
sur les terrains privés.
Le mot privé
peut signifier personnel (comme dans la vie privée), pas ouvert
à tout public (club privé), ou qui ne dépend
pas de l'état. Vous aurez bien compris "personnel"
ici n'a pas sa raison d'être et que la deuxième définition
serait inapproprié. Donc, c'est la dernière définition
qui est la bonne et l'état "argentique" est la
base de ce que nous offrent ces proprios profiteurs. Le minimum au
prix maximum !!!
Quand tu dois ouvrir
ton extension dite escamotable (slide-out) qui se situe à gauche de ta roulotte
à un pied en retrait avant ou arrière de ton voisin
qui lui a une extension ouvrant à droite et qu'en prime tu
peux t'appuyer une main sur la roulotte de ton autre voisin pour descendre
de tes marches en toute sécurité (sic) et qu'avec ça
les proprios t'offrent une toilette chimique sans papier hygiénique
avec l'odeur en prime
tu t'ennuies du State Park où tu
pouvais à loisir entasser tes petits carrés de papier
de toilette !!! Heureusement tous ne sont pas aussi véreux
mais il n'en reste pas moins qu'il faut bien "magasiner"
son terrain de camping AVANT de s'installer car j'ai même eu
droit à un terrain à $18 (la moyenne étant de
$15) sans douche et sans toilette aucune sur le site !!!!
Voilà pour
le côté négativement technique de tout voyageur
mais ces petits désagréments ou ajustements sont loin
d'entacher le beau côté du voyage et des plaisirs que
procurent des paysages inhabituels. Alors voici en plus sérieux...
Il
y a une maxime qui dit que chaque voyage est unique et c'est vrai.
Unique par ses paysages et ses activités touristiques mais
aussi unique par notre état d'âme.
Faire
un voyage pour aller se reposer est une chose et voyager pour le plaisir
dans le seul but de "voyager" c'est autre chose. Dans
le mot voyage il y a une partie du mot qui sonne comme "voit" et c'est exactement ce à quoi je m'attarde en voyageant...
à voir.
Il est inutile de chercher les ressemblances entre un environnement
d'un pays et le sien, de confronter telle architecture avec les nôtres
ou pire encore de confondre les valeurs personnelles d'un peuple avec
nos valeurs québécoises.
Il
y a d'abord la route
celle qui nous permet de voir le monde
changer au rythme des kilomètres que l'on parcoure. Bien sûr,
nous avons les mêmes rubans d'asphalte, les mêmes trottoirs
gris ou les mêmes briques rouges qui caractérisent les
villes. Mais au-delà de ça, il y a une faune et une
flore qui vaut la peine qu'on les regarde et si l'on s'attarde moindrement
on pourra même découvrir dans les villes stéréotypées
quelques brides de différences.
J'ai
vu des paysages bucoliques où les ranchs texans s'étendaient
à perte de vue offrant à leurs bêtes un pâturage
aride mais où les animaux ne semblaient nullement privés
de quoi que ce soit. Question d'habitude j'imagine. Différent
ne veut pas nécessairement dire pire. À d'autres endroits,
j'ai vu une belle rivière contourner amoureusement des vallons
et des collines tandis
que se parsemaient quelques arbres courts pour ne pas dire rabougris
dont l'écorce s'effilochait par les intempéries et la
sécheresse et où le cactus à palette poussait
comme du chiendent. C'est bien certain que j'ai pu voir des variétés
de palmiers mais tout de même rarissime au Texas.
La
vue d'un alligator se réveillant d'une hibernation dans son
marécage et qui profite d'un soleil peureux pour tenter de
réchauffeur son système sanguin avant la période
des amours, ou la vue de l'apathique tortue, enfournée dans
sa carapace écailleuse, qui se hisse sur sa branche enlisée
dans la mare pour profiter elle aussi des premiers rayons du soleil
printanier vaut bien l'acharnement de mon petit castor qui essaie
de se construire une cabane dans mon lac. Je dois avouer cependant
que je me serais passé du serpent qui tentait de traverser
le sentier ou de celui qui s'exerçait à la reptation
dans le bayou à côté de mon campement.
Quoi
de plus reposant que de sortir à la lueur blême du matin (après le pipi de 5h30 évidemment) et de siroter son
café à regarder les cardinaux rouge vif (les mâles
car la femelle n'a pas besoin de couleur flamboyante pour épater
(hihihi)) s'empiffrer de tes graines dans la mangeoire de fortune
que tu leur a fabriquée avec une bouteille de plastique de
jus de canneberges, de les voir se défendre contre ces gloutons
de corvidés que sont les corbeaux, les corneilles et les autres
du même acabit
ou de regarder le vol d'un héron
gris perle ou de savourer l'immobilité de l'échassier
au long cou grêle ou de sa mini consur l'aigrette toute
fière dans son plumage d'apparat d'un blanc immaculé.
Les couchers de soleil ou les pleines lunes sont aussi un spectacle
toujours renouvelé, qu'on admire inlassablement. Quoi de mieux
que d'admirer une lumière zodiacale de toute beauté
et qui incite au recueillement, à la méditation, à
l'introspection ou à l'amour. Et même s'il y a un épais
manteau de nuages, dame nature arrive parfois à le déchirer
à plusieurs endroits nous donnant l'occasion de voir filtrer
quelques rayons blafards du soleil ou de la pleine lune. Telle une
représentation théâtrale, ces astres parviennent
à se frayer un chemin de lumière aux travers les arbres
et à les faire danser sur le macadam ou à la surface
de l'eau en un ballet kaléidoscopique qu'on ne se lasse pas
de regarder. Et même si par malheur ou bonheur, les astres ne
sont pas au rendez-vous, on peut se créer une projection lumineuse
avec un bon feu de bois. Les flammes incandescentes sont tout aussi
magiques à observer !!! Ça vaut bien les petits inconvénients
techniques que je vous ai déblatéré l'autre jour,
question de vous égayer un peu et, je vous l'avoue, de captiver
votre attention.
Quant
aux villes que je visite, je m'attarde à chercher la différence
architecturale et à comprendre les gens en les regardant vivre
dans leur environnement. Rien de mieux que d'aller faire son épicerie
ou son lavage dans le laundromat ou washateria du coin pour s'y "tremper" dans tous les sens du terme. Parfois c'est heureux
et parfois ça l'est moins mais dans tous les cas tu apprends
quelque chose. Ne dit-on pas que les voyages forment la jeunesse ?
Dans ce cas là je suis encore jeune car j'ai réussi
à me "former" quelques opinions (hihihi).
Évidemment
la Louisiane offre quelque chose de très particulier quand
on voit s'enligner les derniers vestiges de plantations coloniales
et où on écoute les musiques mixées de source
acadienne, cajun ou africaine et où le jazz est roi. Au moins
un petit bout de terre typique que les gens du nord n'ont pas réussi
à détruire complètement !!!
Le
voyage c'est aussi tout ça et beaucoup plus
beaucoup
beaucoup plus !!! Je n'ai qu'à penser à la caverne que
j'ai visitée à New Braunfels, à la bonne bouteille
de vin que l'on a acheté à la Winery Dry Comal Creek,
aux missions visitées à San Antonio, à la longue
marche dans Victoria à admirer l'architecture victorienne (naturellement),
à la visite d'Elisa (grand bateau à voile datant du
siècle dernier), à la visite d'un musée militaire (pas mon choix mais tout de même intéressant), à
la cueillette de coquillages à Galvestone, au magasinage au
Mexique et j'en passe
Il y a eu aussi des repas partagés
en bonne compagnie, des bouts de conversation sur les terrains de
camping où tu rencontres un mixage intéressant de tourisme
et des gens rencontrés au hasard de mes randonnées.
À Port Isabel, où l'on campait au bord du canal à
même les bateaux de pêche, on a découvert (c'est
l'expression qui convient le mieux je crois) un couple habitant le
même coin de pays que le nôtre. Rencontrer des gens venant
de la même province est déjà pas si mal, de les
savoir originaires de Sherbrooke, Montréal ou Trois-Rivières
est déjà un atout mais qu'ils soient de St-Damien de
Brandon tient du "miracle" !!!
Dans
la section DieVoyages, vous trouverez les photos et un récit ponctuel plus détaillé du voyage...
Pour
terminer, je dois vous avouer qu'il faut un "bon couple"
pour voyager. Une fois la fièvre du voyage "consommée", la promiscuité 24 heures sur 24, 7 jours par semaine
dans un espace restreint, la négociation obligatoire aux choix
d'activités (même si bien planifiées), la confiance
nécessaire en son co-pilote ou en son chauffeur et l'acceptation
des besoins de l'autre qui défait les plans initiaux ou qui
contrecarre les désirs de boire, de manger ou d'évacuer
de son conjoint(e) peut vitement tourner aux conflits quand la fatigue
se fait sentir un peu trop. Par bonheur pour notre avenir, nous n'avons
pas trop souffert de ces affres et nous revenons grandis de notre
première expérience et on pourra récidiver éventuellement
en modifiant certains aspects techniques ou personnels.
J'aimerais
ajouter une impression bizarre qui se dégage de ce voyage.
Je voyais le Texas comme un état riche et puissant. Il l'est
peut-être pour une minorité vivant dans les villes ou
pour ces riches ranchers (le prononcer à l'anglaise) ou pour ceux faisant de la politique
mais le peuple ordinaire c'est une toute autre affaire. Je m'attendrais
à cette "misère" en Georgie ou à
l'Alabama mais une chose m'a surprise, désagréablement
surprise au Texas. En dehors des axes urbains ou ranchos où
l'abondance économique semble régner et où j'imagine
qu'il existe un certain pouvoir politique (je ne m'intéresse
pas à ces aspects), le reste de l'état est dans un délabrement
écologique lamentable et la pauvreté est édifiante
!!!
On
est tellement "minus" dans cet univers et la vie (si on
peut appeler ça la vie) des gens ne comptent pas pour beaucoup.
On le sait
mais le voir c'est autre chose. Disons que ça
remet certaines valeurs à sa place. Nous sommes passés
dans des bleds où des gens vivent dans des chiottes où
je n'aurais même pas mis mon chien dedans si j'en avais un.
Pourtant, assis sur une caisse de bois entouré d'immondices
de toutes sortes, ils (en majorité des noirs ou des mexicains) ne semblaient pas malheureux. C'est certain que si tous ont la même
vie dans ce bled, ils s'en accommodent (j'imagine) ne connaissant
pas mieux. Mais j'ai pitié des gens "moyens", ceux
qui vivent à côté de l'opulence et qui doivent
ramasser la merde des autres pour subsister !!!
On
a beau savoir tout ça
mais le voir c'est dérangeant,
c'est le moins qu'on puisse dire
Maudit que ça remet
les vraies choses à leur place. En tout cas, sans renier ce
que je suis et surtout ce que j'ai (car j'ai travaillé pour),
je vous jure que tu ne vois pas la vie pareille quand tu reviens en
autant que tu sais regarder, évidemment.
C'est
à se demander comment ça se fait qu'ils ne se révoltent
pas ? Et ça m'amène à une autre réflexion
l'endoctrinement !!! Oui vous avez bien lu
endoctrinement. Quand
tu vois de grosses affiches de 4 pieds par 8 sur la clôture
d'une école primaire avec des slogans de "Proud to be
american" (fière d'être américain) et des
"God bless america" (que Dieu bénisse l'Amérique),
quand tu sais qu'un enfant voit et lit ces "maximes" à
partir de 5 ans, qu'il doit faire son service militaire à peine
sortie de l'adolescence et que partout où il peut aller il
voit le drapeau américain flotter comme l'étoile du
nord qui t'indique le chemin ou qu'il lit sur les différents
murs de bétons qui entourent les tanks et les avions militaires
en exposition constante des réflexions et des citations où
la guerre est l'apogée d'un peuple et qu'il peut se procurer
un fusil comme d'autres se procurent une canne à pêche
pas surprenant de voir ce qui se passe présentement. Peut-être
pas surprenant mais déprimant en maudit par exemple !!! Le
pire dans ma réflexion
c'est que je me dis qu'il est
malaisé de juger quand ta culture est à l'opposé
de l'autre en la matière. Comme je n'aimerais pas qu'on vienne
me dire ce que je dois penser et véhiculer comme valeurs à
ma progéniture, je me dis qu'il m'est difficile de le faire
à leur égard. Et pourtant
si seulement leurs "valeurs" restaient des "préceptes" sans pour
autant mettre à exécution des actes répréhensibles
envers les autres. Ma réflexion n'est pas achevée mais
elle me dérange !!!
Voilà
à l'hiver prochain pour un autre voyage... peut-être.
En attendant, je vous invite à poursuivre la lecture de ma
chronique damiennoise...
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j'veux surfer moi aussi
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